Histologie/S1/Fiche n°2

Les Épithéliums Glandulaires

Deuxième grande famille d'épithéliums, les épithéliums glandulaires sont définis par leur activité sécrétoire. Ce cours établit la distinction entre glandes exocrines, endocrines et amphicrines, puis détaille les classifications morphologique et fonctionnelle des glandes exocrines. Les glandes salivaires, la thyroïde et la corticosurrénale font l'objet d'une description histologique ciblée, très prisée au concours.

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Objectifs essentiels

  1. 1Distinguer glandes exocrines, endocrines et amphicrines selon leurs caractéristiques structurales et fonctionnelles
  2. 2Classer les glandes exocrines selon la morphologie du canal excréteur et de la portion sécrétrice
  3. 3Identifier le type de sécrétion de chaque glande salivaire majeure et accessoire
  4. 4Différencier les modes d'excrétion mérocrine, apocrine, holocrine et éccrine avec leurs exemples concours
  5. 5Décrire l'histologie spécifique de la thyroïde et des zones de la corticosurrénale

Généralités et formation

Les épithéliums glandulaires se distinguent des épithéliums de revêtement par leur spécialisation dans la sécrétion. Composés d'une ou plusieurs cellules épithéliales sécrétrices, ils partagent les propriétés fondamentales de tout épithélium : polarisation apico-basale, cohésion intercellulaire et appui sur une membrane basale séparant le tissu épithélial du tissu conjonctif sous-jacent.

Leur origine est invariablement un épithélium de revêtement qui subit une différenciation glandulaire. Plusieurs degrés sont possibles : différenciation d'une cellule isolée (glande unicellulaire, exemple de la cellule caliciforme), d'un groupe de cellules au sein de l'épithélium (glande intra-épithéliale, exemple de l'épididyme avec son épithélium pseudostratifié prismatique à stéréocils), ou de la totalité de l'épithélium (épithélium sécrétoire, exemple de la muqueuse gastrique à pôle muqueux fermé).

Glandes exocrines, endocrines et amphicrines

La distinction fondamentale repose sur la destination du produit de sécrétion.

Glandes exocrines : elles déversent leur sécrétion vers le milieu extérieur via un canal excréteur. La portion sécrétrice forme un bourgeon qui s'enfonce dans le tissu conjonctif tout en restant connectée à la surface par ce canal.

Glandes endocrines : le bourgeon perd toute connexion avec la surface. La sécrétion (une hormone) est libérée dans les capillaires sanguins, qui sont caractéristiquement fenêtrés pour en faciliter le passage. Il n'existe aucun canal excréteur.

Glandes amphicrines : elles cumulent les deux fonctions. Le foie est une glande amphicrine homotypique : les hépatocytes assurent simultanément la fonction endocrine (hormones hépatiques) et exocrine (production de bile). Le pancréas est hétérotypique ★ : des cellules distinctes assurent chaque fonction (ilots de Langerhans pour l'endocrine, acini pancréatiques pour l'exocrine).

Classification morphologique des glandes exocrines

Deux critères définissent la morphologie d'une glande exocrine.

Le canal excréteur : non ramifié = glande simple ; ramifié = glande composée ★★.

La portion sécrétrice : tubuleuse (allongée), acineuse (arrondie) ou alvéolaire (en forme de sac). Des combinaisons existent, notamment la forme tubulo-acineuse ★★, caractéristique des grandes glandes salivaires.

Classification fonctionnelle selon la nature du produit

Glandes séreuses : produisent des protéines ★★ (exemple : amylase des parotides). En microscopie optique, les cellules sont prismatiques et sombres, avec une lumière de petit calibre, des limites cellulaires mal visibles et un noyau arrondi au tiers basal.

Glandes muqueuses : produisent du mucus (exemple : glandes salivaires accessoires). Les cellules sont cubiques et claires, avec une grande lumière, des limites bien visibles et un noyau aplati refoulé au pôle basal.

Glandes séro-muqueuses (mixtes) : associent protéines et mucus ★★★. Les cellules séreuses s'organisent en croissants séreux de Gianuzzi, se disposant en périphérie autour des acini muqueux.

### Particularités des glandes salivaires

- Parotides : sécrétion séreuse ★★★ - Glandes sous-maxillaires : sécrétion mixte à prédominance séreuse ★★★ - Glandes sub-linguales : sécrétion mixte à prédominance muqueuse ★★ - Glandes salivaires accessoires : sécrétion muqueuse ★★★

Modes d'excrétion

Glandes mérocrines (la grande majorité, ★★★) : le produit est stocké dans des vésicules éliminées par exocytose ★. La cellule glandulaire conserve intégralement son intégrité.

Glandes apocrines : le pôle apical de la cellule est éliminé avec le produit accumulé ★★. Exemples : glandes mammaires en lactation (sécrétion lipidique) et glandes sudoripares apocrines des aisselles et mamelons. Ces dernières sont plus volumineuses que les glandes écrines et leur canal débouche sur le follicule pileux.

Glandes holocrines : la cellule entière disparaît avec son produit de sécrétion ★★. Exemple classique : glandes sébacées, situées dans l'hypoderme et reliées à l'épiderme par un canal.

Les glandes mammaires en lactation combinent les deux modes : mérocrine pour les protéines ★ et apocrine pour les lipides ★.

Glandes écrines : le produit traverse la membrane par simple diffusion, sans vésicule. Ce mécanisme correspond aux glandes sudoripares écrines (paume, plante, front), qui synthétisent la sueur.

Histologies spécifiques à retenir

Thyroïde ★★ : organisation vésiculaire. Les thyréocytes forment une couche cellulaire unique disposée en périphérie de vésicules. Au centre de chaque vésicule se trouve la colloïde, produit de sécrétion thyroïdien stocké.

Corticosurrénale : trois zones de la superficie vers la profondeur : la zone glomérulaire (cellules en glomérules arrondis, directement sous la capsule de tissu conjonctif), la zone fasciculaire (cellules disposées en cordons) et la zone réticulaire (cellules en amas).

⚠ Pièges fréquents au concours

  • Confondre apocrine et holocrine : l'apocrine élimine le pôle apical uniquement, la cellule survit. L'holocrine élimine la cellule entière. Les propositions qui inversent ce point sont très fréquentes.
  • Inverser les modes sécrétoires des glandes mammaires : c'est la sécrétion des PROTÉINES qui est mérocrine et celle des LIPIDES qui est apocrine (pas l'inverse).
  • Qualifier les parotides de glandes mixtes : elles sont purement séreuses. Seules les sous-maxillaires et les sub-linguales sont mixtes.
  • Confondre la glande éccrine et la glande mérocrine : le mécanisme éccrine implique une diffusion simple (sans vésicule), alors que le mécanisme mérocrine est une exocytose avec vésicule.
  • Dire que le pancréas est homotypique : c'est le FOIE qui est homotypique. Le pancréas est hétérotypique car les cellules endocrines (îlots) et exocrines (acini) sont distinctes.
  • Placer la colloïde thyroïdienne en périphérie des vésicules : elle occupe le CENTRE. Les thyréocytes forment la couche périphérique.
  • Inverser les zones de la corticosurrénale : l'ordre de dehors en dedans est glomérulaire (sous la capsule), fasciculaire, réticulaire.

Liens inter-chapitres

  • Épithéliums de revêtement Base commune à toutes les cellules épithéliales : polarisation, membrane basale, jonctions. Les épithéliums glandulaires dérivent tous d'un épithélium de revêtement.
  • Tissu conjonctif Tissu sous-jacent indispensable à tout épithélium. La vascularisation du tissu conjonctif (capillaires fenêtrés) conditionne le fonctionnement des glandes endocrines.